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 laisser penser! 

Landscape Collection

23/04/2015

Version française

 

    Landscape Collection / hiver-printemps-hiver 2015 offre un moment de partage de nos aventures, mais aussi de vos impressions, pour mettre le paysage de Winnipeg et du Manitoba au cœur des considérations actuelles. Cet échange est fondamental car il honnore la richesse d’un paysage qui a tout à gagner à être regardé.

 

Pour le paysagiste, tout territoire est source d’inspiration. Nous avons profité de cette résidence artistique pour nous confronter à une échelle spatio-temporelle surdimensionnée, inhabituelle dans le cadre de notre travail en France : 647 801 km², 30 jours seulement. 

 

Le premier outil de mesure du paysage est le corps lui-même : la marche est essentielle pour appréhender le territoire. Parcourir le terrain devient une action à la fois physique et sensible qui fait exister le paysage comme une perception inédite de l’environnement dans lequel on évolue. Cette expérience se révèle être un moyen évident pour porter un regard attentif sur chaque espace et capter la poésie des lieux.

 

Le challenge est de ne pas se perdre dans un univers où tout est nouveau et de prendre du recul sur la diversité des informations reçues en masse chaque jour. Tel des collectionneurs, le travail consiste, dans un premier temps, à rassembler de la matière brute sous toutes ses formes, grâce à différents protocoles. Matière étroitement liée à la réalité du terrain, elle est une base qui, classée et réorganisée affirme une démarche de paysagiste. Cette collection de fragments de vécus est exposée comme un travail d’archivage présenté en deux temps: 

 

Tendance Surdimension

Tendance Considération

 

Landscape Collection atteste de la faculté de chacun de s’émouvoir au contact d’un lieu pour faire naître le paysage dans les yeux de celui qui le regarde. Cette scénographie est un moyen de défendre l’intérêt d’une approche artistique dans la pratique du métier de paysagiste qui ne se résume pas à un simple processus d’aménagement du territoire. 

 

Landscape Collection n’a pas l’ambition de donner une définition ou une analyse du paysage à l’échelle du Manitoba. Comme nous pensons que le Paysage est un facteur d’émotions porteur de perspectives optimistes, ce partage d’expériences est l’opportunité de porter attention à des pratiques artistiques liées au paysage et aux enjeux de société.

 

Tendance Surdimension

Face à un excès d’informations à la découverte d’un territoire jusqu’alors inconnu: le Manitoba et son immensité, Tendance Surdimension propose une première approche des lieux par une récolte abondante et débordante de ce qui s’offre au paysagiste qui s’y aventure. C’est la matière brute accumulée qui nourrit l’imaginaire. Elle fait l’objet de différents protocoles qui offrent au voyageur la possibilité d’absorber, d’assimiler et de s’imprégner de toutes ces émotions.

 

1 / Mot-paysage

 

« Quel mot choisiriez-vous pour décrire le paysage de Winnipeg ? » 

Notre rencontre avec celui qui habite ici permet une confrontation entre une perception du quotidien et les découvertes du paysagiste. Ces paroles sont les témoins des conversations que nous avons eu avec des passants ou au gré des circonstances. Elles forment un dialogue qui permet d’interroger chacun sur la place que tient le paysage dans les manières d’habiter ce territoire. Ces mots composent le lexique du paysage-habité de Winnipeg pour guider le paysagiste-voyageur dans sa compréhension des lieux.

 

2 / Calendrier excursionniste

 

À la fois récit et partage, nous imaginons un calendrier graphique d’expériences sur différents supports: ramassés, décontextualisés, transformés. Ces objets sont devenus cartes postales: envoyées, reçues, exposées, jetées ou rangées. Les liens tissés entre elles jour après jour permettent de recomposer le temps du voyage, et dessinent une cartographie entre des individus interconnectés dans le temps et dans l’espace. Tel un journal de bord fabriqué en binôme, une carte par jour sert de prétexte à une démarche illimitée d’expérimentation du terrain.

 

 

Tendance Considération

Après la profusion des premiers jours, une prise de recul en atelier permet de faire le point sur les paysages perçus. Collecter pour ne rien oublier, garder en mémoire l’essentiel. Dans la sobriété, Tendance Considération s’inspire de détails pour une appropriation plus mesurée du site. La recherche de ses particularités façonne une esthétique du spontané qui tente de saisir ce qui fait la richesse du paysage ici.

 

1 / Road movie

 

Chaque jour, l’image animée capture des instants singuliers. Ces vidéos prises sur le vif témoignent du choix d’un moment, et d’un lieu exact qu’il est important de souligner. Elles sont un outil indispensable pour s’emparer d’un temps dans sa spatialité, mais aussi pour rapporter l’information, dématérialisée. Prendre le temps de répertorier, classer, cadrer, c’est faire une resélection qui précise les contours d’un regard sur le paysage.

 

 

2 / Recueil d’objets

 

Ces éléments collectés de manière obsessionnelle sont des témoins d’un espace insaisissable. En regardant le sol, un détail attire. On s’approche, on ramasse. Quelques pas de plus, un autre détail... On plonge dans un paysage bien trop large pour être appréhendé dans sa globalité.  Ces objets sont des souvenirs physiques d’un moment qui a passé. Disposés et inventoriés, ils nous content le récit de ces journées d’exploration. Exposer ces détails, a priori insignifiants, valorise l’appréhension par le toucher ou par les odeurs car ces morceaux de paysage sont à l’échelle de nos sens et de notre corps.

 

 

 

 

Version anglaise

 

          Landscape Collection / hiver-printemps-hiver 2015 offers a moment to share our adventures, but your impressions as well, to bring Winnipeg’s and Manitoba’s landscape to the heart of current considerations. This exchange is fundamental to give pride of place to the richness of a landscape which be well advised to be looked at.

 

For the landscape architect, each territory is a source of inspiration. We took advantage of this artist residency to be confronted by a spatial and temporal outsized scale, unusual in our framework in France : 647 801 km², only 30 days.

 

The first measurement tool is the body itself : walking is essential to comprehend the territory. Wandering the land by foot becomes both a physical and sensitive action which makes the landscape exist as a perception of the environment we’re evolving in, previously unseen. 

 

The challenge is not to be lost in a universe where everything is new, and to detach ourselves from the diversity of information received massively each day. As a collector, the work consists, on the first hand, in gathering raw material and matter through every form, thanks to different protocols. Tightly linked to the reality of the land, this matter is a basis that has been classified and reorganized, in order to confirm a landscape architect approach. This collection of fragments of lived experiences is exhibited as an archival work, presented in two times :

 

Tendency Overdimension

Tendency Consideration

 

Landscape Collection confirms that everyone has the ability to be touched upon contact with a place. This ability births the landscape in the eyes of the one who is looking at it. This scenography is a way to defend the interest to have an artistic approach more than a process to design a place in our landscape architecture practice.

 

Landscape Collection doesn’t have the aim to give a definition, or an analysis of the landscape at Manitoba’s scale. As we think that the Landscape is a factor of emotions bearing optimistic perspectives, this sharing of experiences is an opportunity to take into account artistic practices linked to the landscape and society issues.

 

Tendency Overdimension

Faced with an excess of information when discovering a territory until then unknown, Manitoba and its vastness, Tendency Overdimension proposes a first approach of the places by a massive and overflowing harvest of everything which is presented to the landscape architect who is coming there. It’s this accumulated raw matter which feeds the imagination. It is the target of different protocols which open to the travellers the chance to absorb, assimilate and immerse themselves in those feelings.

 

1 / Landscape-word
 

« Which word would you choose to describe the landscape of Winnipeg ? »

Our meeting with the one who lives here allows a confrontation between a perception of everyday life, and the discoverings of the landscape architect. Those words are the witnesses of conversations with passers-by or at the whim of occasions. The words compose a dialogue which questions everyone about the place that the Landscape holds in the way of living on this territory. Those words make up the lived-landscape’s vocabulary of Winnipeg to help the landscape-traveller to understand spaces.

 

2 / Excursionist calendar

 

Both stories and sharing, we imagine a graphic calendar of experiences using diverse materials: picked up, decontextualized, transformed. Those objects became postcards: sent, received, exhibited, thrown away or put away. The links woven between them day after day allow us to rewrite the temporality of the trip, and to draw a cartography between people interlinked in time and space.  As a log book elaborated in pairs, one postcard per day is a pretext to an unlimited experimentation approach of the land.

 

 

Tendency Awareness

After the profusion of the first days, stepping back to work in studio allows to focus on the perceived landscapes. To collect not to forget, to keep in mind the essential. With sobriety, Tendency Consideration draws its inspiration from details for a moderated appropriation of the site. The research of its characteristics and particularities shapes an aesthetic of the spontaneous, trying to catch what makes the sumptuousness of the landscape here.

 

1 / Road movie

 

Each day, the animated picture catches singular instants. Those videos, caught in the act, attest to the choice of a moment and an exact place which is important to underline. The videos are a necessary tool to take possession of the spatiality of the instant, but as well to bring back this information, dematerialized. To take the time to index, to classify, to center, is to draw the key line of a more precise vision on a landscape.

 

2 / Collection of stuff

 

Those elements, obsessionally gathered, show how the space is evasive. Looking at the ground, a detail attracts. We come closer, we pick it up. A few steps further, another detail... We dive into a landscape much too large to be comprehended in its totality. Those items are physical memories of a moment which has passed. Arranged in an inventory, they tell the story of our explorations. To exhibit those details, insignificant at first sight, increases the value of comprehending the site by feeling, smelling, touching, because those pieces of landscape are at a human scale.