laisser penser! 

Avec l'Association Collectif des Paysages de l'après-pétrole

Solutions paysagères pour un territoire en transition

6-7-8/03/2015

Au départ, nous pensions qu'INITIAL avait intégré l’association Collectif des Paysages de l'après-pétrole par un heureux hasard, suite au séminaire du Collectif en mars dernier au Domaine de Villarceaux. Mais rien n’arrive vraiment par hasard!

C'est avec du recul que nous réalisons la vraie chance d'avoir été au bon endroit au bon moment...

 

Nous avons choisi d'intégrer l’association dès sa création pour plusieurs raisons...

Le Collectif PAP rassemble aujourd'hui trente professionnels de disciplines complémentaires, tous impliqués pour défendre l'intérêt de porter une attention particulière au paysage. Le souhait d'INITIAL de faire évoluer le métier de paysagiste trouve tout son sens au sein de cette équipe de recherche. Par la prospective, nous essayons de définir des perspectives d’évolution de la pensée paysage dans ce groupe où les idées fusent!

La question du devenir de nos paysages implique nécessairement, au coeur de la réflexion, la transition énergétique, écologique, économique pour des projets adaptés à notre monde contemporain.

 

Ainsi, par une mise en commun des savoirs, des envies et des références de projets réalisés, PAP est une véritable ouverture à la pensée pour des innovations en termes de paysages, aussi bien en milieu rural, qu'en milieu urbain et à toutes les échelles.

 

De son côté, INITIAL élabore et propose des projets qui répondent aux priorités et aux formes d’action du Collectif, qui sont, par la suite, discutées et enrichies par des moments de débat avec l'équipe. De cette manière, notre travail appuie les concepts forts défendus par le Collectif qui nous aide à concrétiser nos idées et à valoriser notre travail par sa diffusion à son réseau.

 

L’expérience PAP s'établit sur la base d’échanges toujours constructifs et positifs. L’idée est de prendre le temps d’être dans la recherche de solutions inventives mais aussi dans l’action à travers une diversité de projets. Nous trouvons donc dans ce partenariat un moyen d’ouvrir de nouveaux champs d’actions à notre métier de paysagiste, et une force humaine, généreuse et enthousiaste, avec laquelle c’est un plaisir de construire.

 

 

 

EXTRAITS DES ACTES DU COLLOQUE PAYSAGES DE L’APRES-PETROLE

- 20 novembre 2014 -

 

 

 

Pourquoi un colloque sur les paysages de l’après-pétrole ?

 

 

Les énergies fossiles à bon marché ont généralisé des modes d’aménagement standard dont les modèles se sont imposés dans les territoires en normalisant leurs qualités spatiales. A l’inverse, la transition énergétique invite à imaginer des solutions techniques plus attentives aux ressources et donc aux singularités locales.

 

Pour guider et harmoniser les conséquences spatiales de la transition, une approche des territoires par leurs paysages est une solution efficace pour l’environnement, démocratique pour la société et valorisante pour l’économie :

 

- Articulées sur une connaissance fine des caractéristiques géographiques et humaines, de nombreuses démarches paysagères proposent de fait des solutions d’aménagement alliant cohérence et sobriété.

- Par l’attention portée aux réalités des lieux et à leurs paysages et par la mobilisation des populations qu’elles suscitent, elles recomposent un cadre de vie de qualité qui réinvente avec évidence un art du bien vivre ensemble.

 

Le colloque du 20 novembre 2014 propose d’analyser les savoir-faire et les méthodes des « solutions paysagères » ainsi mises en œuvre pour assurer les objectifs de la transition. En présentant de fécondes expériences locales, éclairées par des parlementaires et traduites en perspective politique par la Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, la rencontre du 20 novembre appelle les élus, les professionnels et les citoyens à s’associer à l’élan du Manifeste pour les « Paysages de l’après-pétrole » que présentera le Collectif du même nom.

 

 

Extrait du discours d’Odile MARCEL,

membre du collectif Paysage de l’après-pétrole

 

 

 

« Le Collectif Paysages de l’après-pétrole (…) est constitué de professionnels des métiers de l’espace, soit d’architectes, d’urbanistes et de paysagistes. Vous êtes un certain nombre, dans la salle, à pratiquer ces métiers. Nous avons aussi rassemblé dans notre Collectif des compétences non moins indispensables, car le façonnement, la configuration artistique par les métiers de l’espace s’articule sur d’autres métiers, d’autres compétences et d’autres réalités. Dans notre Collectif, il y a donc des ingénieurs, des agronomes et des naturalistes. Construire un espace, en concevoir les formes, c’est de fait prendre le relais d’un mode de production de la réalité, d’un mode de construction avec lequel on s’articule et sur lequel on tente d’avoir prise. Le ministère de l’Agriculture représente donc ici les 80 % du territoire qui sont gérés dans un but productif, et relèvent de l’agriculture et de la forêt. De fait, le paysage témoigne directement des modes d’établissement de la société, de ses modes de production : on n’y parle pas d’une beauté pure, on parle de celle qui peut résulter de la façon dont une société s’alimente, se reproduit et s’inscrit dans le milieu.

 

Toutes ces questions sont donc évidemment des questions de société, des questions de civilisation. Quand on parle de l’espace, il faut aussi inviter les philosophes et les sociologues. Dans notre équipe, il y a donc ce type de compétences. De fait, le paysage est bien le sceau d’une société, son visage sensible. Il peut induire le bien-être et par là l’adhésion, la visibilité et la compréhension. Quand un paysage fonctionne, il permet à chacun de comprendre dans quel monde il vit et comment il peut contribuer à l’équilibre de ce monde.

 

Notre Collectif est diversifié, il est fait d’une ramification de compétences, de niveaux d’analyse et de formes d’esprit qui se complètent et créent de la cohérence, nous l’observons quand nous travaillons ensemble.  Quand nos différents points de vue s’ajustent, il en résulte une puissance de conviction plus grande parce que nous sommes parvenus à des analyses plus complètes. Parce qu’elles sont plus denses, elles deviennent aussi plus parlantes. Si on veut faire avancer une société, les élus qui sont ici le savent, il faut s’adosser à des choses incarnées, qui aient de la réalité, il ne faut pas seulement des analyses sectorisées et hyper-techniques. Il y a un moment où on doit pouvoir s’installer dans le vif de la communication humaine pour parler aux gens. Nous sommes des semblables. Dans une société démocratique, les choses importantes doivent être comprises par tous.

Notre Collectif partage donc une grande exigence culturelle, adossée à un pari pour la connaissance. »

 

 

Extrait du discours de Patrice PARISE, 

vice-président du Conseil général de l’Environnement et du Développement durable au ministère de l’Ecologie du Développement et de l’Energie

 

« La manifestation d’aujourd’hui est résolument ciblée sur la construction des paysages de demain qui vont redessiner ceux de l’énergie bon marché et des ressources que l’on pensait inépuisables. Nous sommes en effet engagés dans une mutation profonde. A présent, nous allons devoir économiser les ressources de toute nature et modifier nos modes de vie de façon radicale. De nouveaux paysages vont nécessairement émerger. Il est important qu’ils ne soient pas subis mais au contraire choisis. Je voudrais pour cela évoquer trois pistes d’évolution souhaitable :

 

la première est celle de la prise en compte du paysage, très en amont dans la conception même des schémas de planification et des projets. Cette prise en compte du paysage devrait être un véritable outil d’aménagement global du territoire par opposition aux approches sectorielles juxtaposées traitant de façon cloisonnée des transports, du logement, de l’agriculture, de l’eau ou encore des espaces naturels ;

 

une deuxième piste est l’invention de configurations de l’espace qui sachent utiliser les spécificités fines des territoires. Alors que les techniques et l’énergie permettent aujourd’hui de tout faire partout, il est indispensable de savoir utiliser les ressources du territoire, à leurs différentes échelles, et selon leurs singularités : l’économie du paysage y gagnera beaucoup ;

 

enfin, comme nous y invite la Convention européenne du paysage depuis 2000, il convient de redonner leur juste place aux perceptions du paysage et d’associer très en amont les populations locales aux réflexions et aux choix en matière des paysages, qui sont leur cadre de vie familier.

 

Faire évoluer la culture du paysage nécessite une mobilisation très large dans notre pays. Celle de l’État doit être inter-ministérielle puisqu’écologie et développement durable, urbanisme, agriculture, forêt, culture et éducation sont concernés. (…) L’adhésion et l’engagement des collectivités territoriales seront donc essentiels pour continuer à donner sa place au paysage car ce sont ces collectivités, dans le cadre d’un État progressivement décentralisé, qui disposent du rôle le plus opérationnel pour organiser l’utilisation de l’espace et l’aménager. »

Extrait du discours de Jean-Paul CHANTEGUET,

député de l’Indre, président de la commission du développement durable et de l’Aménagement du territoire de l’Assemblée nationale

 

 

« Sur ces chemins de la transition que nous devons emprunter avec détermination, nous avons besoin de nous inspirer d’exemples que la société a déjà su mettre en application. (…)

Les professionnels de l’aménagement rassemblés en un Collectif sont ici pour témoigner du fait que, d’ores et déjà et sur de nombreux territoires, la société a pris les devants. Il existe dans les régions en France des expériences témoignant de la mise en place, depuis quelques années, de nouvelles dynamiques de projet. Ici et là, des territoires ont engagé de nouveaux modes de fonctionnement riches d’une nouvelle efficacité économique, environnementale et sociétale.

 

Ces professionnels rassemblés dans le Collectif Paysage de l’après-pétrole nous invitent à explorer un panel d’expériences. Quelles sont les orientations indispensables pour engager dès maintenant les recompositions dont nous avons besoin ? Quelles méthodologies de projet pour avancer dans le bon sens ? Les intervenants de cette journée de réflexion nous proposent aujourd’hui une démonstration de méthode. Les savoir-faire, les bonnes pratiques qui vont nous être présentés anticipent sur un art de faire qui pourrait être promu et généralisé, nous permettant d’entrer dans un fonctionnement sociétal nouveau. Il s’agit de retrouver une cohésion, une articulation et une vision d’ensemble dans notre conception des aménagements qui nous permettent d’exploiter les ressources énergétiques, d’habiter, de nous déplacer ou de produire des aliments. Il s’agit aussi de savoir agir de façon concertée et intégrative, en cessant de sectoriser et de dissocier afin qu’une nouvelle rigueur, une nouvelle précision viennent ajuster notre développement avec les ressources disponibles.

 

Donnant une évidence spatiale et de belles formes à notre établissement sur terre, les nouveaux paysages permettront à nos sociétés de s’engager avec confiance dans les nouveaux équilibres. En prenant la qualité de l’espace comme fil directeur, le Collectif Paysages de l’après-pétrole nous propose de donner une nouvelle force à la notion de bien commun dans nos sociétés. »

Extrait du discours de Bertrand HERVIEU,

vice-président du Conseil général de l’Alimentation, de l’Agriculture et des Espaces ruraux

 

 

« Pour le ministère de l’agriculture et plus largement pour les mondes agricoles, passer du paysage pensé comme un héritage ou comme une résultante, au paysage pensé comme un projet, voire comme une conquête, est un retournement qui ne va pas de soi. Il faut en avoir conscience. Comme le savent bien les acteurs de terrain, dans le monde agricole, le paysage est d’abord pensé comme la résultante d’une production ou de productions, et non pas comme une production propre, faisant l’objet d’un projet.

Reconnaître le paysage comme une catégorie fondatrice pour un projet de développement, en faire une construction et un objectif, a suscité à la fin du 20e siècle de très nombreux débats et surtout de très grandes réticences. Pourquoi cela ? Parce que, sans que la chose soit clairement évoquée, ainsi que cela a été fait ce matin, parler de paysage c’est reconnaître que le sol, le foncier, la terre sont au fondement du cadre de vie ; et de là surgit une éventuelle affirmation d’un caractère public de cet espace. Cette publicisation de l’espace agricole de production fait craindre à ses détenteurs actuels et à ses acteurs, des contraintes nouvelles. (…)

 

Nous avons donc deux logiques contraires qui se croisent  à propos des mêmes biens : une logique de publicisation des espaces productifs de l’agriculture, et une logique d’abstraction et d’instrumentalisation portant sur ces mêmes espaces : autrement dit une logique de patrimonialisation publique face à une logique de dépatrimonialisation privée. (…)

 

Nous le savons bien, il ne suffit pas des seules politiques publiques pour avancer en ces matières et, plus précisément, pour reconstruire nos paysages. Il faut aussi et d’abord beaucoup d’échanges, beaucoup de conviction, de concertations et de ralliements. C’est mon rôle ici de le rappeler ce matin : s’agissant des paysages ruraux mais aussi des paysages urbains, nous savons que nous ne parviendrons pas à recomposer nos paysages sans rallier les mondes agricoles eux-mêmes à ce grand projet et à cette nouvelle entrée. »

EXTRAIT DU MANIFESTE

« Charte fondatrice pour la constitution du Collectif Paysages de l’Après-Pétrole »

 

 

 

L’intention du manifeste est de définir une charte fondatrice pour la constitution d’un groupe de réflexion et d’échanges pérenne - le Collectif Paysages de l’après-pétrole - dont l’objectif est de redonner durablement à la question du paysage un rôle central dans les politiques d’aménagement du territoire, dans un contexte de transition énergétique et plus largement de transition vers un développement durable. Il s’agit de contribuer à la réussite de cette transition, au moyen d’une participation active des citoyens aux projets de territoire, par le biais d’approches paysagères réinventant ainsi un art de l’aménagement du territoire et du bien vivre ensemble.

Les membres du collectif s’inscrivent dans une démarche de progrès démocratique, social et écologique, dont le paysage est pour eux un vecteur privilégié. Ils se reconnaissent pleinement dans les principes de la Convention Européenne du Paysage. Leur action prolonge celle des mouvements très dynamiques qui se sont structurés en faveur du paysage au cours de ces vingt dernières années.

 

 

I – Notre constat : les approches paysagères sont facilitatrices et peuvent apporter des solutions réalistes pour la mise en œuvre de la transition.

L’urgence est d’engager une transition vers un développement plus durable qui appellera d’autres façons d’aménager les territoires. Les approches paysages permettent ainsi de guider, et d’harmoniser les actions menées en faveur d’un développement plus durable et convivial des territoires. Les démarches paysagères réunissent et facilitent aussi la mobilisation de la population autour d’un projet sociétal de territoire.

 

 

II – Quelles priorités pour notre collectif ?

Le Collectif Paysages de l’après pétrole compte s’engager prioritairement dans la réflexion et le suivi de démarches paysagères concernant d’abord un développement urbain soucieux des territoires et du bien vivre, puis l’économie et les innovations énergétiques, et enfin la mise en œuvre de l’agro-écologie.

 

 

III – Les formes d’actions du collectif :

 

Par rapport à ces trois priorités, le Collectif Paysages de l’Après-Pétrole souhaite favoriser une « culture de l’espace pour la transition » en mobilisant les leviers d’action suivants :

 

. Recenser et faire connaître les expériences dont les démarches semblent exemplaires du point de vue de la mobilisation citoyenne, de l’intérêt des solutions techniques imaginées en fonction des contextes locaux et de la qualité des aménagements mis en œuvre contribuant à améliorer le cadre de vie des populations.

 

. Organiser des rencontres entre les collectivités territoriales et les acteurs engagés dans ces démarches.

 

. Œuvrer pour que la « compétence paysage » soit reconnue au sein des collectivités territoriales en lien avec la décentralisation.

 

. Proposer des amendements dans les textes juridiques ou réglementaires concernant le paysage et l’aménagement durable des territoires. . Devenir force de proposition pour développer des programmes d’études et de recherche sur les questions de paysage et d’aménagement durable des territoires.

 

 

 

Site du collectif : www.paysages-apres-petrole.org

Correspondance : contact@paysages-apres-petrole.org

© 2015 by INITIAL paysagistes, Paris.

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